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01.10.2006

Fin...

FinVoilà c’est fini … Cela fait déjà trois mois que ça l’est, mais je ne parvenais pas à me résoudre à écrire cet article, l’article de la fin du voyage, l’article de clôture de ce blog … Notre vie a repris son cours ici, à Bruxelles. Nous avons revu presque tout le monde, Nico a recommencé à travailler, nous avons acheté une maison et moi je cherche du travail… Le voyage est déjà loin derrière nous, même s’il ne se passe pas un jour sans qu’on en parle, sans qu’on y pense, ne serait-ce que parce que nous avons des photos à trier, à faire imprimer, à encadrer. Il y a quelque chose d’étrange à retrouver son appart, sa ville, ses amis, son quotidien après avoir vécu ce que nous avons vécu. Ce voyage nous apparaît parfois comme un rêve (ce qu’il était vraiment…), une période hors du temps pendant laquelle nous nous sommes échappés de cette vie qui était la nôtre avant notre départ et que nous retrouvons maintenant, pas très différente d’avant … à ceci près que nous nous sommes enrichis de cette expérience et qu’il arrive souvent qu’elle nous manque ! Oh oui il me manque ce quotidien de voyageur où « que manger ? », « où dormir ? », « quel bouquin lire ? », « quel bus prendre ? » et « qu’allons-nous découvrir aujourd’hui ? » étaient les seuls « tracas » que nous avions. Oh oui elle me manque cette douce insouciance… Mais quel bonheur de l’avoir vécu !

D’autres projets nous attendent maintenant, d’autres aventures, moins exotiques certes, mais tout aussi excitants. Un nouveau job (vite je l’espère…), une maison, une vie à deux, des voyages bien sûr car on en veut encore, on n’en sera jamais rassasié, et des rêves, toujours des rêves comme celui là …

13:28 Écrit par Sa&Nico dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note |  Facebook |

01.07.2006

Roques' qu'on est triste...

ranchito_power_7_thumbOn ne pouvait pas rêver mieux pour nos derniers jours de voyage que Los Roques. Composé de pas moins de 375 îles, ilots ou simples cayos de sable blanc, l'archipel de Los Roques est un petit paradis terrestre. Nous y avons passé quatre dernières journées fabuleuses, à nous y dorer au soleil (un peu trop même, à en juger par l'apparence homard de Nico), à pratiquer nos sports favoris - plongée et planche à voile, s'il est encore utile de vous le rappeler -, d'admirer les couleurs extraordinaires de l'eau, de déguster - encore - de délicieux cocktails, et surtout de savourer encore un peu le plaisir d'être en voyage tous les deux et de découvrir des merveilles comme ces îles. Destination lune de miel pour tous nos amis qui ont booké notre agenda mariage pour 2007... Notre périple touche à sa fin... Demain matin, ce sont les douces couleurs grises de Bruxelles que nous pourrons admirer et une bonne vieille Jupiler que nous pourrons déguster...

27.06.2006

La quête ...

Voyant arriver nos derniers jours à grands pas, nous n'avions plus qu'une intention : nous en mettre plein la vue, plein la tête, encore, toujours, jusqu'au bout ! Partis de Cartagena, où nous avions été gâtés, nous nous sommes ensuite dirigés vers Santa Marta, puis Taganga, en vain cependant. Quelques jours plus tôt que prévu, nous avons donc passé la frontière vénézuélienne en quête de dernières découvertes et de plaisirs pour les yeux. Maracaïbo, notre premier stop, la deuxième plus grande ville du Venezuela, était aux antipodes de ce que nous recherchions : ville pétrolière, elle est moche, sale, sans personne dans les rues, des gens barricadés dans leur voiture aux vitres teintées ou derrière les grilles de leur immeuble, des taxis arnaqueurs (comme partout me direz-vous ... mais bon), des hotelliers aussi sympas que des portes de prison, etc ... Une nuit dans un motel miteux aura fini de nous convaincre de terminer notre voyage dans un endroit où nous serions certains d'être satisfaits : aux Îles Roques ! Mais avant cela, nous avions une mission à accomplir : atteindre le point le plus au nord du continent sud américain, à l'opposé d'Ushuaia, au bout de la péninsule de Paraguana. Cette petite escapade de deux jours dans la région de la ville de Coro nous aura permis non seulement d'atteindre notre but mais également de découvrir le deuxième désert de sable du continent après celui d'Atacama (au Chili), le troisième lac violet d'Amérique du sud et enfin, pour mon plus grand plaisir, de chausser une dernière fois nos bottines pour une balade dans la forêt tropicale de la Sierra de San Luis. Le plan était ensuite le suivant : prendre le bus de nuit (pour la dernière fois aussi !!!) de Coro à Caracas, arriver au petit matin (5h) et prendre directement un avion vers Los Roques. Le timing était un peu serré, c'est vrai, mais nous étions confiants et, surtout, impatients de nous envoler vers cette destination de rêve ... Naïfs que nous sommes ! Sept mois en Amérique du sud ne nous aurons pas encore appris que dans ces pays, peu de choses fonctionnent normalement ! Evidemment le bus est tombé en panne... Evidemment nous avons attendu 3h30 au bord de la route au milieu de nulle part ... Evidemment nou avons raté notre avion ! Un journée à Caracas donc en attendant le vol du lendemain. Super ! A six jours du retour, on s'en serait bien passé mais bon pas le choix ! Je n'aime pas cette ville, je n'aime pas les gens qu'on y croise, incapables de la moindre sympathie ou simplement d'un minimum de politesse. La gueule du président est affichée partout et quand on ne le voit pas on lit son nom dans des solgans qui ont tout sauf à voir avec la réalité de sa politique. Mais le plus étrange ce sont toutes ces banques américaines entre autres, ces Mac Do, Burger King, grosses voitures américaines qui foisonnent alors que nous sommes censés être dans le pays le plus anti-capitaliste et surtout anti-américain du continent sud américain ... Et puis on ne s'y sent pas très en sécurité dans cette ville, peut être parce qu'on nous a souvent mis en garde, peut être aussi parce que c'est le seul endroit où on nous aura volé dans la chambre même de notre hôtel ... Espérons que nos derniers jours aux Roques nous réconcilierons avec une certaine partie du Venezuela et, en tout cas, nous permettrons de terminer le rêve en beauté !

Faudra revenir par ici aussi ...

On ne sera malheureusement pas resté très - assez - longtemps en Colombie. Ce voyage est décidément trop court ... Toutefois, notre séjour là-bas nous aura permis de nous débarasser des trop nombreux clichés qui hantent ce pays. Certes, la Colombie reste le plus gros producteur de cocaine au monde. Certes, trop de gens - touristes ou autres - se font encore enlever par la guérilla. Certes, une partie encore très importante de la population vit dans des conditions de pauvreté. Mais les choses semblent avoir énormément évolué ces dernières années, à de nombreux niveaux. Les zônes dangereuses sont de moins en moins importantes. De paramilitaires, guérilleros ou simplement soldats armés jusqu'aux dents, nous n'en avons pas rencontrés (on en croise beaucoup plus dans des pays en pleine révolution, comme le Vénézuela... il faut bien faire vivre la révolution...). Les gens sont chaleureux, accueillants, sympas et surtout enthousiastes quant à l'avenir de leur pays. Ils viennent de renouveler leur confiance au président Uribe, réélu fin mai avec près de 62 pc des voix. Durant ses quatre premières années en tant que président, ce conservateur - qui fait quelque peu mauvaise figure sur la carte politique de la région - s'est acharné à renforcer la sécurité des colombiens et à redresser le pays économiquement. Aujourd'hui, la Colombie avance rapidement. Uribe compte consacrer son second mandat à la poursuite de sa politique - parfois trop - sécuritaire et, comme dans beaucoup de pays latinos, à permettre à toute la population de bénéficier du dynamisme économique. La réalité, c'est qu'au début de notre voyage, peu rassuré par les échos que nous en avons chez nous, ou tout simplement mal informés, nous en comptions pas visiter ce pays. Aujourd'hui, non seulement on regrette d'être arrivés un peu trop rapidement au Vénézuela, mais nous conseillerions à n'importe qui de venir faire un petit tour par ici...

21.06.2006

Carta génial ...

Cartagena la légendaire, Cartagena la romantique ... Fondée en 1533 par les espagnols, Cartagène est la ville coloniale la plus célèbre de Colombie, et pour cause, elle est superbe ! Ceinturée par des remparts parfaitement intacts, ses maisons teintées de jaune, orange ou ocre, leurs balcons fleuris, les petits bars et restos tous plus mignons et stylés les uns que les autres donnent à cette ville une atmosphère terriblement romantique ... Et quoi de mieux après les îles, le repos et le sport qu'une petite semaine romantique faite de balades en amoureux, promenade en calèche, petits déj' dans de beaux hôtels, apéros sur les remparts, restos au son du tango ou de la rumba, plongées à nous deux au milieu des coraux, sans oublier notre activité principale du moment : les matchs de foot de nos équipes favorites au mondial regardés sur grand écran dans un lounge aménagé dans un ancien couvent ou encore directement depuis la piscine de l'hôtel ! C'est pas beau ca ?! 

18.06.2006

Des nouvelles du CICI

Il y a un peu moins de 3 mois nous étions en Bolivie, à Sucre où nous effectuions un travail volontaire au sein du Centro Intercultural Circo Infantil. Nous avons gardé contact avec les enfants et le centre via Lorenzo, le coopérant belge sur place, ainsi qu'en leur envoyant l'une ou l'autre carte postale en cours de route. Bientôt, grâce à des fonds d'origine belge, nous pourrons communiquer avec eux par internet ! Mais en attendant, d'autres choses ont bougé au CICI : la nurserie a ouvert ses portes et acceuille désormais quelques bambins de 0 à 6 ans, le sol de la cuisine et des douches a été carrelé et, surtout, l'eau courante est arrivée au centre ! Les ateliers de formations tournent, paraît-il, très bien et les enfants sont maintenant 23 à occuper l'internat. Les choses avancent donc, lentement, c'est certain, au gré des financements et des dons obtenus. Mais elles bougent et c'est important de le souligner ! Nous comptons aussi continuer, dès notre retour, à contribuer à l'amélioration des conditions de vie, d'éducation et de formation des enfants du CICI, et nous espérons pouvoir compter sur vous pour nous y aider !!!  

Repos maintenant !!!

Au cours d'un voyage de sept mois, il est parfois essentiel de se reposer. Sérieusement, vous ne vous rendez pas compte comme cela peut être fatiguant de voyager, de bourlinguer, de découvrir, de passer son temps dans des bus, des bateaux, des avions, de choisir le bon hôtel, le bon restaurant, de goûter la cuisine locale, les cocktails, de discuter avec les gens, de trouver le nouveau livre à commencer, d'écrire des articles pour notre blog, de se demander si l'on doit prendre de la protection solaire 15 ou 7. Plein de questions délicates, éreintantes, qui méritent certainement que l'on se repose un peu ... Beaucoup même, puisque des questions bien plus terre-à-terre nous attendent d'ici deux semaines ... Les petites îles de San Andres et de Providencia, à quelques 900 km de la côte colombienne, constituaient donc un endroit idéal pour souffler. Perdues en pleine Mer des Caraïbes, plus proche de la côte nicaraguéenne que de la Colombie, San Andres et Providencia sont peuplées par des descendants d'esclaves blacks. L'ambiance y est donc plus jamaïcaine et coloniale que latino. On y parle anglais - bien que l'on soit loin de l'accent cockney- les églises sont baptistes et les maisons multicolores sont faites de bois. Il fallait évidemment que nous découvrions les deux îlots, pour voir où l'on s'y repose le mieux ... Providencia est l'île la plus isolée. Le tourisme y a à peine fait son apparition. Dépaysement assuré. L'occasion pour nous également de refaire un peu de plongée et de découvrir les magnifiques récifs de coraux qui ceinturent les plages de rêve. Mais pas trop puisque nous sommes là pour nous reposer... Notre séjour à San Andres fut un peu plus mouvementé. Logique puisqu'il coïncidait avec le début de la coupe du monde et qu'il fallait bien mettre son réveil à 7h30 pour suivre tous les matchs (décalage horaire assez défavorable... mais Sa a adoré et adore toujours, merci pour elle). Et puis San Andres, ce fut également l'occasion pour ma douce amoureuse de faire un peu de shopping, puisque l'île, en plus d'être un paradis naturel, est un paradis tax-free. Il faut donc se reposer en éliminant les quelques euros qui nous restent... Enfin, San Andres conservera toujours une saveur particulière pour Sa puisqu'elle y a fait ses premiers pas - et ses premières chuttes - en planche à voile. Sans trop de vent d'abord, ce qui lui a permis de vite trouver son équilibre, mais de me voir frustré au bord de la plage en attendant une petite brise ; et avec vent ensuite, ce qui lui a permis de brièvement haïr tous les véliplanchistes du monde, mais de me voir heureux batifolant sous le vent et la pluie accroché au harnais ... Tout cela méritera bien quelques jours de repos ...

03.06.2006

Blog'otà

Colombie, pays tellement diabolisé par chez nous. Pays où, croit-on, les étrangers sont enlevés, séquestrés voire assassinés par une des multiples guérillas qui mettent le pays à feu et à sang. Nous y sommes pourtant, et si nous y sommes c'est que le son de cloche d'ici est bien différent de celui que nous avons en Europe. Après un bref passage dans la jungle, à Leticia, ville carrefour entre la Brésil, la Pérou et la Colombie, nous avons atterri á Bogotà. Loin de nous sentir en danger ici, nous nous sentons même sur-protégés par tous ces militaires armés jusqu'aux dents qui arpentent les rues et gardent les édifices. Avant dernière capitale sud américaine de notre périple, Bogotà est fidèle aux autres : pleine de contrastes. Témoin d'un passé prospère, son quartier colonial est très beau mais tranche avec tous les autres buildings défraîchis du centre, alors que dans le nord de la ville, malls et bars branchés semblent gagner de plus en plus de terrain. Un ciné, quelques boutiques, des bonnes bouffes, un petit musée et une vue de la ville depuis le Montserrate, voilà ce qui aura été le programme de notre retour á la civilisation. Mais il ne faut pas abuser de la ville, direction la mer donc, celle des caraïbes et, plus précisément, les îles de San Andrés et Providencia où farniente, plongée et planche à voile nous attendent pour deux petites semaines...  

 Scènes de vie péruviennes bis ...

Sa n'aime pas les trajets. En bateau en particulier. On le savait déjà. Depuis lundi dernier, elle les aime encore moins. Elle les déteste. Les 8 heures de bateau express qui devait nous emmener d'Iquitos à la frontière colombienne se sont transformées en 17 heures dans une coquille de noix. C'en était trop pour mon amoureuse... On s'attendait pourtant à un service un peu plus optimal que d'habitude et à une ponctualité plus pointilleuse. A 60 US$ le ticket, on est en droit d'espérer un minimum de professionnalisme. Mais c'était sans compter sur ce moteur Yamaha 120 CV qui ce jour-là avait décidé de rendre l'âme. Une heure de réparation vaine en plein milieu de l'Amazone, et nous voilà obligés de rejoindre la frontière colombienne en utilisant le seul moteur restant du Reyna Isabela, pourtant décrit comme étant un 'ultra speedboat'... Arrivée vers 23h30 dans le petit village frontalier de Santa Rosa. Il aura fallu sortir la douanière de son bar et insister durant 40 minutes pour obtenir les cachets de sortie dans nos passeports ce soir-là avant de pouvoir enfin traverser l'Amazone et rejoindre Leticia sur l'autre rive en Colombie. Aucun signe de surprise ou de mauvaise humeur des passagers locaux qui nous accompagnaient. Cela semble tellement normal. Et surtout pas d'excuse de la part de l'exploitante du bateau. Non mais quoi encore? Voilà une anecdote qui illustre sans doute bien le type de contraste qui peut apparaître dans ce pays - et en Amérique latine de manière plus générale. On vous annonce un service optimal et rutilant, on vous fait croire que tout sera parfait, et on vous le fait souvent payer ; pourtant la réalité tranche souvent avec ce qui est annoncé. Mais le Pérou aime les contrastes. C'est un pays de contrastes par excellence : contraste entre certains quartiers tellement luxueux de Lima et les villages misérables croisés dans le sud du pays ou dans la jungle, contraste entre une économie qui semble tourner à vive allure (près de 8 pc de croissance au premier trimestre 2006) et une population vivant trop souvent dans des conditions de pauvreté extrême, contraste entre la vie menée par les péruviens d'origine européenne et les indigènes. Contraste énorme également au niveau politique. Ce dimanche, les péruviens devront choisir entre un militaire populiste nationaliste et un ancien président dont l'incompétence et la corruption sont souvent dénoncés. Le nombre de votes blancs ou nuls devrait tourner autour des 15 pc... Mais le contraste que nous avons préféré dans ce pays magnifique, c'est celui qui nous est offert par la nature. Jamais de monotonie, des paysages en changement constant, entre le désert et les plages de la côte, l'immense forêt tropicale et ses couchers de soleil inoubliables, les imposantes montagnes et leur plateaux révélant une nature exhubérante. Il y a de tout au Pérou. Il faudra revenir ici, également ...

28.05.2006

Jungle Survival

Suivant notre bon feeling, nous avons décidé de faire notre fameux trip dans la jungle dans la réserve Pacaya Samiria, à partir de Lagunas. Notre guide Luis nous attendait au "port", il est 23.00 et nous nous apprêtons donc, comme Nico vous le disait, à passer une dernière nuit confortable avant de partir en expédition dans la forêt pendant 4 jours ... Luis nous emmène chez lui, une maison typique au toit fait de feuilles de palmiers, murs de bois, le tout laissant passer autant l'air que les énormes araignées et scarabés volant qui pullulent à la nuit tombée. J'ai déjà la gorge serrée ! Notre chambre consiste en une pièce séparée du reste de la maison par un rideau, deux lits, pas de matelas, mais simplement une planche de bois. Mon regard se perd dans la pièce et tombe tour à tour sur les énormes toiles d'araignées qui pendent juste au dessus de ce qui doit nous servir de lit et sur ce gros scarabé qui se jette frénétiquement sur l'ampoule. Me voyant affolée, Luis essaye de me rassurer en me montrant les moustiquaires disposés au dessus des lits mais déjà les larmes me montent aux yeux. Non, je ne peux pas dormir là ! Confus, nous demandons à Luis de nous indiquer l'auberge du village. Un toit en tôles, des murs en béton cette fois, presque plus de bêtes, c'est loin d'être le grand luxe mais ça fera l'affaire pour la nuit. Il me faudra quand même une bonne heure pour m'endormir, complètement emmitoufflée dams mon sac à viande (merci belle-maman!). Dimanche. Réveil 6.00. Luis nous attend pour le petit déjeuner avant le grand départ. Vu leur notion du confort, je commence à m'inquiéter pour la tente et les matelas dont on nous a parlé ; nous demandons donc à les voir. Oh surprise, il ne s'agit en fait que d'une bâche destinée à être tendue entre quatre bouts de bois, en plein air donc, pas de fermeture, juste notre moustiquaire pour nous protéger des bestioles et la bâche de la pluie. Génial ... Je suis hyper emballée ! Pas de matelas non plus, mais voyant ma mine déconfite, Luis court chercher deux paillasses. On est prêt à partir, enfin presque puisqu'il faut encore passer à la police signaler notre entrée dans la réserve ainsi qu'au bureau des gardes-parc. Pas de chance, ils sont justement en train de déjeuner. On attend. 10.30, nous embarquons à bord de la pirogue en compagnie de nos guides : Eysen et Rider. A peine quelques mètres plus loin, Eysen nous montre un petit croco sur le bord de la rivière. Nous avons de la chance nous dit-il, c'est extrêmement rare de les voir de jour. Les tensions pré-départ se dissipent, la chance est avec nous, nous allons passer quatre jours déments !  Quelques minutes plus tard, c'est un iguane se prélassant ur un trons que nous observons tandis qu'un couple d'aras jaune et bleu passent au dessus de nos têtes. Nous sommes ravis. La balade se poursuit. Nous voyons des singes, des oiseaux, nous écoutons la forêt grouiller, vivre et chanter. 14.30, on s'arrête, pour manger croyait-on, pour dresser le campement nous dit-on. Déjà ? Oui. Nous débarquons sur une berge boueuse en lisière de bois. Tout est détrempé, impossible de s'asseoir nulle part. Nous attendons donc que nos guides dressent une bâche, celle-là même sur laquelle nous passerons la nuit. Eysen déballe les paillasses desquelles s'échappent, sous mes yeux médusés, quelques énormes bêtes, style cafards géants... De mieux en mieux ! Nous attendons toujours pendant qu'ils nous préparent à manger. Pas grand chose à faire d'autre et interdiction de les aider. Nous observons la nature, nous essayons de nous relaxer mais pas facile quand on est attaqué de tous les côtés par les moustiques et autres bestioles. Les mêmes oeufs frits que ce matin au petit déj', les mêmes bananes tout aussi frites nous sont servis avec une tasse de ... thé?...Non, d'eau de la rivière bouillie ... hummmm! 18.00. La nuit tombe. Pas de souper en vue. Nos guides étaient pourtant partis pêcher cet après-midi. Nous nous réfugions dans la moustiquaire/tente que Rider nous a gentillement prêtée. C'est déjà mieux que la nôtre, transparente, on a au moins l'impression d'avoir un peu d'intimité même si cela ne reste qu'une impression puisqu'on peut presque sentir le souffle d'Eysen allongé à quelques cm de nous. 19.30, on a la dalle. Extinction des feux. Ça faisait 20 ans qu'on était plus allé se coucher à cette heure là ! Lundi, deuxième jour! Réveil 6.00. Et oui on vit avec le soleil et puis ça fait quand même déjà 10.30 qu'on "dort". Petit déj'...Devinez...Poisson frit! Bin oui, ils étaient partis pêcher hier...Le tout avec une bonne tasse d'eau brunâtre! Impossible pour moi. Nico tente l'expérience. Je l'admire, moi la tête de poisson dans son assiette et l'odeur au réveil me donnent la nauzée. La journée se déroule de la même façon que la veille. Nous entendons beaucoup mais ne voyons pas autant s'animaux que ce que nous espérions. Nos "guides" - qui ne sont en réalité que de simples pêcheurs reconvertis - nous donnent peu d'explications, que nous sommes à même de deviner nous-mêmes (mono, en nous montrant un singe ou papagayo ... bref vous avez compris). Rien sur la végétation non plus. Cela commence à devenir difficile de rester passifs. Heureusement que nous avons nos bouquins et de quoi écrire pour décharger un peu nos nerfs. La seule rencontre étonnante de la journée aura été celle de la dépouille d'un anaconda qui a probablement succombé à l'attaque d'un croco. Autant vous dire qu'on a soigneusement évité d'aller se baigner dans la rivière! Mardi, troisième jour. La nuit n'a pas été trop mauvaise ; il faut croire qu'on commence à s'habituer à la dureté du sol et aux bruits nocturnes de la jungle. Le petit déjeuner est normal : des oeufs, des bananes frites et cette bonne vieille tasse d'eau chaude. La journée commençait donc plutôt bien. C'était sans compter sur la pluie ! Une bonne pluie, bien droite, bien dense, pendant trois heures de suite. On est sur la pirogue, mal protégés, le cul dans l'eau, on est trempé! C'est le pompom! Je n'en peux plus, je veux rentrer ! Les heures de naviguation sont interminables, on ne voit aucun animal, il fait froid... Impossible de rentrer ce soir selon le pêcheur en chef, on est à contre courant, on arriverait trop tard et il n'y aurait plus de mobilité (entendez moto-taxi) pour rentrer en "ville". Une dernière nuit nous attend dans les mêmes conditions. Je râle ! Toutes nos affaires sont mouillées ou humides, une des paillasses est inutilisable. La nuit s'annonce difficile !Mercredi, quatrième et dernier jour. Enfin ! 10.30, nous arrivons à la sortie de la réserve. Nous aurions très bien pu rentrer hier. Grrrrr ! Il nous faudra encore attendre deux heures que la mobilité vienne nous chercher pour nous ramener à Lagunas où nous devons attendre la bateau pour Iquitos qui doit passer dans la nuit. Il n'y a rien à faire dans cette "ville", pas un resto, ni un endroit sympa où traîner. Les gens passent leur temps à ne rien faire ou à se chercher des poux, c'est désolant. Et pourtant, nous allions encore y passer une journée complète dans ce bled, puisqu'évidemment le bateau pour Iquitos n'est pas parti cette nuit là. Notre seule chance aura été dans rencontrer, dans l'entre fait, deux d'jeunes belges super chouettes, Carlos et Benito, les premiers depuis 6 mois !

Scènes de vie péruvienne ou la Croisière s'amuse un peu moins ...

Dans la jungle amazonienne, il n'y a pas de route ; donc pas de bus ... Sa devait en principe est contente ... Pour se déplacer, on utilise les rivières. Ce sont donc quelques heures de bateau qui nous attendaient pour effectuer le trajet entre Yurimaguas, dernière ville desservie par une route avant le bassin amazonien, et Lagunas, le lieu où nous devions entreprendre notre exédition de quelques jours dans la jungle. Départ prévu à 9h du mat. Suivant les bons conseils des locaux, nous sommes à bord dès 7h30 afin d'avoir une bonne place pour pendre les hammacs achetés quelques minutes plus tôt. Déjà pas mal de monde sur le pont "supérieur", mais nous trouvons tant bien que mal un emplacement pour nous installer. Il y a deux étages sur le bateau : en bas, on met les marchandises et les animaux, ainsi que leur propriétaire ; au dessus - là où nous sommes - deux grandes banquettes longitudinales en bois permettent aux passagers de s'asseoir. Les hammacs sont pendus sur toute la largeur du bateau, empêchant a priori les déplacements trop fréquents des passagers. Le bateau est moderne. Il doit avoir près de 40 ans. Les conditions de sécurité sont optimales. Il y a trois gilets de sauvetage pour 70 personnes, la plupart ne savant pas nager. Les passagers arrivent progressivement ; le bateau s'active peu à peu. Un type passe avec trois poulets vivants. Le repas de ce midi. J'achète un journal à un petit vendeur ambulant. Le temps de prendre quelque chose dans mon sac, le journal disparaît. Cinq minutes plus tard, résigné, je rachète le même journal disparu au copain de mon premier petit vendeur. Tous les moyens sont bons ... En pleine lecture, je constate que Victor, un local accompagné de son épouse et de son animal domestique Beto - un marcassin en laisse - vient planter son hammac entre celui de Sa et le mien. Il n'est pourtant déjà physiquement plus possible de disposer le moindre hammac complémentaire dans ce bateau. Nous sommes tous les uns sur les autres. J'explique à Victor qu'il n'y a visiblement plus de place. Mais il m'avance que tout le monde paie le même prix et qu'il a donc le droit de mettre son hammac où il veut. Argument infaillible face au respect des passagers qui - payant effectivement le même prix - ont toutefois fait l'effort d'arriver bien plus tôt. Mais Victor est sympa et il accepte de reculer son hammac d'un rang, pour nous laisser Sa et moi ensemble. Plein d'enthousiasme, il m'annonce qu'il sera très heureux de faire la conversation avec des amercicanos (tout étranger est américain par ici ...) durant tout le trajet. Super. Il est 10h et les passagers embarquent encore. Perdu dans la lecture d'un article sur la libération conditionnelle de Fujimori, Victor m'interrompt - souhaitant visiblement m'éclairer et parler - et m'annonce que Fujimori est un ancien président péruvien. Je le remercie pour sa précieuse assistance. Il pointe ensuite une autre photo de mon journal et me dit que c'est Ollanta Humala, candidat aux élections présidentielles dont le deuxième tour se déroulera dimanche prochain. Je le remercie à nouveau pour sa collaboration lumineuse, et lui demande naïvement s'il compte voter pour Humala. "Evidemment", me dit-il, "c'est lui qui va sauver le Pérou". Il voulait sa conversation, il va l'avoir. Sa et moi tentons de lui expliquer qu'il est dangereux de voter pour un ancien militaire populiste peu attaché aux respect des droits de l'homme et qui considère que les étrangers - investisseurs ou pays voisins - sont la cause de toute la misère péruvienne. La discussion s'anime. Victor souhaite un homme fort, qui expulse tous ces étrangers - surtout ces chiliens - qui viennent voler toues les richesses de son pays. Pas besoin d'eux. Les autres passagers écoutent. Victor se lance alors dans une éloge de la révolution - nécessaire selon lui - et cite bien évidemment Cuba en exemple de pays libre où au moins les gens vivent heureux. Pas besoin de démocratie selon lui ; la liberté, c'est accessoire. On s'offusque, et on essaie de lui expliquer en quelques mots ce qui se passe en réalité à Cuba. On parle fort. Les autres passagers connaissent maintenant nos opinions respectives. Rassurant de constater que certains me font comprendre qu'ils pensent que Victor est fou. Les retardataires embarquent. Le bateau bouge. Deux heures de retard seulement. Peu rancunier, alors que je m'assoupis, Victor m'annonce que nous serons à Lagunas vers 19 h. Entre la berceuse du moteur et les grognements du marcassin domestique, j'essaie de m'endormir à nouveau. Réveil vers midi. Une foule s'aglutine devant ce qui sert de cuisine pour recevoir dans une écouelle 3 kg de riz, 1 pomme de terre et 30 grammes de gras de poulet. Frugal. Deux biscuits plus loin, Sa et moi discutons avec un autre local qui s'étonne d'entendre que nous parlons en fait espagnol en Belgique. Quelques pleurs de bébé plus tard, Sa se rend compte qu'une petite a renversé toute sa boisson particulièrement sucrée et collante sur son sac. Regard méprisant vers les parents. Cela ne les empêche pas de nous prendre en photo avec leurs bambins. Fatigué, je m'attarde un peu sur le paysage et observe le fleuve. Il est brunâtre, gigantesque et impressionant. Superbe. La forêt est omniprésent sur ses rives. Dommage que Victor et ses copains voient cette richesse sans doute trop belle, et y jettent sans la moindre scrupule les cannettes de bière qu'ils viennent de terminer. Dommage pour le dauphin d'eau douce qui vient de pointer le bout de son nez ... Puis c'est le ciel qui se donne en spectacle, nous offrant l'un des plus beaux couchers de soleil que nous ayons vu jusqu'à présent. Il est 18 h. Vers 23 h, nous arrivons enfin à Lagunas où, se dit-on, un peu de confort nous permettra de nous reposer quelques heures avant de partir en expédition ...  

15.05.2006

Toujours pas franchi l'Equateur ...

Nous re-voici donc sur les routes -montagneuses- de ce bon vieux continent. Pour mon plus grand plaisir (hum), nous sommes remontés à plus de 2.000m d'altitude, avons ressortis nos jeans et polars, passage obligé avant de prendre la direction d'Iquitos au Pérou en plein coeur du bassin amazonien. Première étape : Cuenca. Troisième plus grande ville d'Equateur et jolie cité coloniale où nous nous sommes laissés flâner pendant que notre linge tournait. De là, en route vers la frontière péruvienne, nous avons fait escale à Vilcabamba, village niché au creux d'une vallée où, paraît-il, les gens vivent plus vieux...On n'en sait pas plus, on doit bien l'avouer. La suite du programme s'annonce mobile puisque nous attendent trois jours consécutifs de bus (ah cela me manquait ...) pour rejoindre le fleuve qui nous emmènera dans la jungle, mais également chaude et humide, sans parler des moustiques ! Notre petite boucle en Equateur s'achève déjà. A 7 semaines du retour, il nous fallait faire des choix ... L'heure d'un mini bilan est donc venue même s'il est relativement difficile de dresser celui d'un pays qu'on aura à peine découvert. L'Equateur, pour nous, c'est donc un pays dont la monnaie officielle est celle d'un autre, le dollar ayant totalement envahi l'économie équatorienne; les îles Galapagos, petit paradis des touristes fortunés où nous avons fait exploser notre budget pour notre plus grand plaisir; un pays qualifié pour la coupe du monde de football. Il n'en fallait pas plus aux équatoriens pour se comparer aux agrentins ou aux brésiliens (au fait si vous avez des stickkers panini en double, gardez-les, Nico sera ravi de vous les échanger!); des films qui durent 3 heures puisqu'ils sont interompus par une bonne dizaine de pages de pub; une société d'ultra-consommation (en milieu urbain) où les magasins de gsm et d'hifi/électro-ménagers se succèdent toutes les deux vitrines; et enfin un pays où il nous faudra revenir pour pouvoir en dire plus ...      

07.05.2006

Au revoir mon petit papy

Juste quelques lignes à l'attention de ma petite grand-mère, de mon petit papa et de toute ma petite famille que j'aime tant... Nous pensons très très fort à vous, même à des dizaines de milliers de kilomètres de l'avenue du Maréchal ... Mon cher petit papy est parti un peu trop rapidement. Ce blog n'est certainement pas le lieu idéal afin de lui rendre hommage. Mais il aimait voyager et appréciera que l'on parle de lui sur un site voyage ... on va rêver avec lui pendant ces quelques semaines de voyage qu'il nous reste, mais j'aurais tellement aimé lui raconter et lui montrer ce que nous aurons vécu ici ... Tu vas me manquer tellement fort !

Nico

Plongées marteaux !

Plonger aux Galapagos est un must : non seulement les sites, constitués d'îlots de lave perdus au beaux milieu des îles principales de l'archipel ou de cratères sous-marins, sont fabuleux mais ils regorgent d'une variété et d'une quantité de poissons assez impressionnante. En bons plongeurs que nous sommes, ils nous tardait donc d'aller voir de plus près ce qui passe là-dessous. Après deux plongées ""décevantes"" en raison du peu de visibilité et de la compagnie peu expérimentée de tueurs à gage ukrainiens aux relents de vodka, nous avons partagé avec quelques membres de notre joyeuse équipée de croisière trois superbes plongées au milieu de véritables aquariums : poissons tropicaux aux couleurs chatoyantes, sting/eagle/golden rays volant littéralement sous l'eau, murènes, tortues nageant maladroitement, lions de mer venant nous chatouiller le nez avec leurs moustaches et des requins évidemment, à foison ... Mais nous n'avions toujours pas vu ces fameux requins marteau, la masquotte des îles et surtout du jamais vu pour nous. Nous avons donc tout misé sur nos deux dernières plongées à Gordon Rocks, LE spot pour observer ces bestioles à la tête caractéristique. Et bingo ! Non sans mal vu la violence du courant qui agite les eaux de ce site nous forcant à agripper des rochers pour avancer, mais nous en avons vu. Parmi des dizaines de requins à pointes blanches et de bancs d'eagle rays ... il nous a montré son nez et waouh, quelle impression de pouvoir observer à quelques mètres à peine de si grosses bêtes si terrifiantes (mais non dangereuses, heureusement) ! Les plus belles plongées que nous ayons jamais faites !!!! 

Love Boat

Golandrina ... ce n'est pas le nom d'une espèce d'oiseau endémique aux îles Galapagos, mais bien celui du bateau sur lequel nous avons embarqué pour visiter durant 4 jours certaines de ces îles enchantées ("îles enchantées" est également le nom donné aux Galapagos, ou "islas Colon", même si le fameux Cristobal n'est jamais venu ici...). Dans la plus pure tradition Love Boat, le barman Isaac et notre capitaine Stobbing, rebaptisés ici Jose Luis et Gregorio, nous ont donc accueillis sur leur "yacht" en compagnie des 6 autres membres d'équipage. Après avoir pris possesion de notre cabine de 1 m sur 2 située à l'avant juste à côté du générateur électrique du Golandrina (...), nous avons pu dissiper les quelques craintes que nous avions au départ quant aux 12 autres passagers qui allaient embarquer en notre compagnie : un canadien d'origine sud-coréenne rebaptisé Chang par Nico, un israélien appelé "le prophète" par Sa, deux suisses-allemands vraiment sympas non rebaptisés, Sue et Lawry, petit couple adorable d'Oxford d'une cinquantaine d'années qui mène un tour du monde de 8 mois (ça nous donne des idées ça...), Marine et Olivier, des jeunes français en route pour un périple de 4 mois dans les Andes, Jeannette et Paul, dont on vous laisse deviner la nationalité (non, pas Janeke et Pol...), et Will et Siobhain, un chouette couple anglo-irlandais vivant à Singapore. Conversations cosmopolites au programme, avec l'anglais et le français en langues principales, mais cela fait du bien de temps en temps. Nous voilà donc partis pour 4 jours de croisière afin de découvrir les trésors de ces îles fantastiques. Nos journées commencent vers 6 h du matin. Réveillés par le soleil (puisque nous dormons sur le pont afin d'éviter la berceuse du générateur), un copieux petit déjeuner nous attend et nous permet de prendre des forces afin d'affronter la dure journée qui nous attend. Au programme : randonée sur les îles afin de rencontrer iguanes aquatiques ou terrestres, lions de mer, boobies aux pattes bleues, hérons, flamands roses, pingouins ou tortues géantes, snorkling afin de croiser nos lions de mer, tortues aquatiques, poissons multicolores, raies ou requins - inoffensifs -à pointe blanche, farniente sur le pont du bateau, plongées extraordinaires, repas délicieux et conversations dont les sujets varient de l'avenir de l'équipe de rugby anglaise aux retombées politiques de l'abandon du projet de CPE en France, en passant bien sûr par un résumé du système institutionnel belge... Nous avons donc passé quatre jours inoubliables sur ce bateau, soignés par un équipage attentionné et en compagnie d'un groupe vraiment sympa. Il sera vraiment difficile de quitter ce paradis ...

01.05.2006

Vacances de gala...

Nous en avions rêvé. Nous avions hâte d'y être. Nous y voilà donc aux fameuses îles Galapagos ! Un vrai paradis pour les yeux : mer turquoise et sable blanc, déserts de lave et de cactus, espèces animales aussi rares que surprenantes... Nous avons déjà fait la connaissance du booby (oiseau marin aux pattes bleues), des iguanes sortis tout droit de la préhistoire et, lors de nos premières plongées, des lions de mer, tortures, raies et de notre premier requin ! Il nous reste évidemment encore beaucoup à découvrir ... ce que nous ferons lors de notre croisière de 5 jours à travers les îles... Pour terminer, juste une petite photo de la plage paradisiaque sur laquelle nous avons passé la journée hier à jouer dans les vagues et observer les tortues, lions de mer et dauphins s'amuser autant que nous dans l'eau ...  

26.04.2006

Les Beach boy and girl à Mancora ...

Le Pérou, ce sont des montagnes, des ruines exceptionnelles, la forêt amazonienne, des déserts parmi les plus arides du monde, une capitale moderne qui progresse à une vitesse surprenante et, nous ne le savions pas, des plages exotiques à l'ambiance très latino... Il fallait donc que nous nous arrêtions quelques jours pour découvrir cela ! Et puis, après le ski/snowboard sur les pentes d'un volcan, le trekking intense, la promenade en mule, le VTT, le vol en hélicoptère, l'escalade, le rafting, il fallait bien également que nous trouvions une nouvelle discipline sportive à expérimenter lors de ce trip .... c'est ainsi que nous nous sommes tous les deux mis au surf, sur les vagues de la plage de Mancora au nord du Pérou, à près de 1.200 km de Lima.  Bon, ce n'est certainement pas Hawai, mais ce n'étaient pas les rouleaux du Lac de l'Eau d'Heure non plus ; les jeunes péruviens branchés adorent le surf et beaucoup se rendent à Mancora durant les vacances d'été (en janvier donc) pour pratiquer leur sport favori dans une eau pas trop froide pour le Pacifique et pleine de poissons, comme tout le Pacifique. Pour Sa et moi, ce furent donc nos premiers pas sur une planche (ou tabla pour les locaux). Plus ou moins fructueux ou convaincants selon les points de vue, on retiendra surtout les dégâts provoqués par les rigeurs de ce nouveau sport : un pied déchiqueté pour Sa et une oreille arrachée pour moi. Le surf, c'est sympa et ce sont de chouettes sensations... mais il faut beaucoup ramer pour atteindre la vague tant attendue... et surtout, lorsque l'on est sur l'eau et qu'il y a du vent comme ce fut le cas à Mancora, rien de tel qu'une planche et une voile dessus... ; où lorsque l'on est dans une mer où les requins-marteaux abondent comme à Mancora, rien de tel qu'un masque et des palmes pour aller les voir de plus près... Cinq jours relax à la plage donc, dans un petit coin de paradis, au bord d'un océan magnifique et face à des couchers de soleil à couper le souffle...

Pour terminer, quelques mots coup de geule à l'attention des surfeurs - internet cette fois-ci - bien évidemment anonymes - qui dans un élan de courage ne souhaitent pas poursuivre la conversation lancée sur notre blog : triste et pathétique de lire des commentaires aussi démoralisants et lamentables que ce que nous pouvons parfois lire sous nos messages. Ce blog n'a aucune autre prétention que de faire partager à nos parents et à nos amis ce que nous vivons lors de ce voyage. Rien d'autre. Nous prenons beaucoup de plaisir à le faire et le soigner, et en prenons encore plus à lire les messages postés par nos potes. Bien sûr que nos articles sont amateurs ; c'est le principe d'un blog ... Face à certains commentaires, l'indifférence aurait sans doute été plus payante, mais nous souhaitions également faire partager à nos parents et amis la bêtise et la lâcheté de certains très cons patriotes ...  

20.04.2006

Notre blog superstar !

Cela devait arriver... la rubrique blogs du journal Le Soir en ligne a choisi notre blog cette semaine... L'article était en page d'accueil ce mardi et est depuis lors ensuite stocké dans la rubrique blog : http://www.lesoir.be/sites_sat/viedunet/blogs/page_6128_426487.shtml. Allez jeter un oeil et dites nous ce que vous en pensez !

Au pays du temple du soleil ...

15 jours, c'était le temps qui nous était donné pour découvrir et faire découvrir le sud du Pérou à (belle-)maman et Guy venus nous rejoindre pour les vacances de Pâques. C'est transformés en guides/organisateurs/tarducteurs-interprètes que nous avons commencé la balade, à toute allure, à Cusco, ville impériale, autrefois coeur de l'empire inca, actuellement capitale archéologique du Pérou. Nous ne pouvions décemment pas manquer la vallée sacrée et ses innombrables ruines incas, dont le fameux et fabuleux Machu Picchu. Au delà des pierres, une histoire, une culture fascinante, des symboles, des connaissances extrêmement avancées pour l'époque... un bout de chemin sur les traces des incas ...et -malheureusement aussi- sur celles des nombreux touristes venus des quatres coins du monde pour admirer ces merveilles. Suivant ces traces, nous nous sommes ensuite (re-)dirigés vers le lac Titicaca et, cette fois, ses rives et iles péruviennes. A l'insu de notre plein gré, nous nous sommes embarqués sur un rafiot bondé de touristes japonais, indiens et américains en direction de ce qu'il reste des îles flottantes et de ses habitants (aymaras). Vision un peu pathétique d'une population maintenant le mode de vie ancestral d'un peuple disparu il y a longtemps déjà et dont ils ont pris la place (les Uros) uniquement dans un but touristique... Ensuite, direction Taquile "my frrrrriends" pour une balade sur l'île, RDV a 12.30 sur la place du village pour déguster tous ensemble, dans le même resto, une bonne truite! Là, fallait pas exagérer, nous avons fait de notre nez et avons préféré alimenter les caisses du resto communautaire plutot que celles du cousin du guide... Destination suivante : Arequipa, la ville blanche, située à 2325m au pied des volcans El Misti, Chachani et Pichu Pichu. Au programme tour de la traditionnelle plaza de armas, visite du monastère Santa Catalina (paradis pour la photo artistique ...) et le Canyon del Colca en pick-up à nous quatre, sans les autres toursites parqués dans leurs bus cette fois! Deuxième plus grand canyon du monde avec ses 3191m, le Canyon del Colca c'était un retour à la nature verdoyante, à l'authenticité des petits villages perchés au bord de cette gigantesque faille, aux costumes traditionnels, aux chapeaux brodés, aux lamas et alpacas aussi, sans oublier les magnifiques, gigantesques et impressionnants condors royaux que nous avons eu la chance d'observer au décollage (entre 7.30 et 8.30, véridique!). Spectacle saisissant de voir s'envoler a quelques mètres à peine de nous des oiseaux d'une telle envergure à la colerette blanche caractérisique et à la tête de charogne. Les Esteban et Zia que nous sommes étaient de retour dans leur cartoon! Avant derniere étape : Nazca et ses lignes mystérieuses. Entre théorie extraterrestre, calendrier astronomique ou chemins de pélérinages, ces lignes, vues du ciel (par les femmes) comme du mirador (par les hommes)  ne nous ont pas vraiment convaincues. Le vol au dessus de la pampa entre mère et fille à bord d'un petit avion tout tremblant valait à lui seul le coup. Merci Mam ! Notre "circuit" s'est enfin achevé à Paracas, sa réserve, ses pinguins, ses lions de mer et sa faune marine avant de rentrer sur Lima faire les derniers achats et manger un dernier ceviche. Mission accomplie puisque nous avons parcouru tous les hauts lieux du tourisme péruvien en 15 jours avant de laisser repartir maman et Guy vers la grisaille belge. Quel plaisir en tout cas d'avoir eu de la compagnie -et laquelle- pendant ces deux semaines, d'avoir partagé non seulement un bout de chemin mais aussi des moments forts de notre voyage et un peu de notre rêve! Encore merci a vous deux d'etre venus nous rejoindre! Nous voila donc à nouveau à deux, en amoureux, pour quelques jours de repos dans la capitale péruvienne avant de repartir vers le nord, les plages et les Galapagos. L'aventure continue ...

09.04.2006

Houlala... élections...

Et de trois... Depuis notre arrivée sur le continent sud-américain en novembre dernier, après le Chili et la Bolivie, le Pérou est le troisième pays qui entre en effervescence électorale. Ici encore, les enjeux sont importants. Avant la Colombie en mai prochain, et surtout le Brésil en septembre, l'Amérique latine est donc en pleine mutation politique. Au Pérou, le premier tour des élections présidentielles qui se déroulent ce dimanche opposera de nombreux candidats de tous horizons. Le plus populaire d'entre eux - mais également le candidat qui symbôlise le plus les bouversements et tendances qui affectent la région, c'est Ollanta Humala (photo). Ancien soldat au passé militaire douteux jonché de violations des droits de l'homme, d'origine métizos (c'est à dire un mélange entre indigène et blanc, come de très nombreux péruviens), Humala a fondé son parti nationaliste péruvien il y a quelques mois à peine. Se fondant sur un programme ultra populiste, il prône, à l'instar de son ami bolivien Evo Morales et de son modèle Hugo Chavez, une refondation du pays. Il souhaite ainsi notamment rédiger une nouvelle constitution qui donnerait aux péruviens (et en particulier aux indigènes), "la possibilité de participer à la création de richesses dans leur pays".  En outre, Humala envisage de renationaliser les secteurs stratégiques de l'économie péruvienne et de revoir les accords qui permettent à des entreprises étrangères (surtout chiliennes) d'exploiter certaines ressources naturelles du pays. Un programme qui ressemble quelque peu à celui de l'ami Morales... Selon Humala, la grande cause qui est à l'origine de la pauvreté et de sous-développement qui affecte encore une grande partie de la population - et qui affecte surtout les populations indigènes qui vivent dans les montagnes et aux abords des grandes villes, c'est encore une fois le capitalisme étranger et le libéralisme. Or, s'il l'on se penche un petit peu sur sa situation économique, l'on constate que le Pérou ne s'en est pas si mal sortit au cours de ces dernières années ; une croissance annuelle soutenue de près de 5.5% et un développement substantiel des activités économiques - en particulier du tourisme - dans de nombreuses régions ont permis au pays de tirer son épingle du jeu. Les projets qui visent à moderniser le Pérou sont visibles et se sentent. La région de Cuzco, la plus touristique du pays, doit faire face à un flot constant et de plus en plus imporant de touristes, à un point tel que des alternatives doivent être trouvées afin de désengorger certains sites touristiques (notamment le Macchu Picchu). En dépit de cela, une partie encore trop importante de la population péruvienne vit sous le seuil de pauvreté. La cause de ce sous-développement persistant doit sans doute davantage être recherchée du côté de la politique mise en oeuvre par le gouvernement actuel de Toledo que du côté du capitalisme. A titre d'exemple, durant sa présidence, Toledo a consacré seulement 1% du produit national brut - pourtant en augmentation constante - à des programmes de lutte contre la pauvreté. Face au populo-nationalisme de Humala, les péruviens ne trouvent malheureusement que peu d'alternatives alléchantes. La candidate favorite, qui l'emporterait au second tour face à Humala, c'est Lourdes Flores. Conservatrice, elle s'inscrit pourtant dans le mouvement d'émancipation et de modernité symbôlisé par la nouvelle présidente chilienne Michelle Bachelet qui caractérise actuellement l'Amérique latine. Flores pourrait ainsi constituer une alternative démocratique consensuelle, en particulier face aux inquiétudes qu'une victoire de Humala génère. Dépourvu de toute expérience politique mais nanti de son passé militaire, beaucoup craignent en effet, en cas de victoire de Humala, voir le Pérou replonger dans un régime autocratique semblable à celui de Fujimori durant les années 90. Enfin, le troisième candidat susceptible de jouer un rôle significatif au cours de ces élections, c'est le social-démocrate Alan Garcia. Habitué de la politique et ancien président fin des années 80, il risque cependant de pâtir des mauvais souvenirs que beaucoup de péruviens ont de sa présidence désastreuse, teintée de corruption et d'hyper-inflation. Voilà donc en quelques lignes le tableau... Rendez-vous dans le courant du mois de mai pour le second tour, à moins que le Chavez Castro Guevara local ne l'emporte demain avec plus de 50%...    

Mas Chuppicchu, Mac Chuppichu et Mage Chuppichu ...

Petit groupe de maisons incas perdues au milieu de la jungle, le Macchu Picchu, c'est pour beaucoup l'apogée d'un voyage au Pérou, voire en Amérique du Sud (même si pour nous, l'apogée c'était évidemment l'arrivée de la maman de Sa...). A nouveau, les superlatifs manqueront afin de qualifier cet endroit grandiose (voir photo... on ne se change plus depuis le Choquequirau...). Situé dans la montagne à près de 100 km de Cuzco, le Macchu Picchu a été découvert au début du siècle par un archéologue américain. Il s'agissait d'un sanctuaire. L'Inca - à savoir le souverain de l'époque (et l'on parle des 14 et 15èmes siècles, jusqu'à l'arrivée destructrice des espagnols), vivait dans sa capitale à Cuzco, mais se rendait au Macchu Picchu lors de manifestations religieuses importantes, telles que les solstices, équinoxes ou éclipses. Comme les Cités d'Or vous l'ont appris, les Incas vénéraient en effet le soleil, dont le positionnement et les mouvements orientaient une grande partie de leur vie. Le site du Macchu Picchu abritait des prêtres, une garnison militaire ainsi que des artisans et agriculteurs. L'on pense que la ville fut abandonnée par les Incas vers 1530, lors de l'arrivée des espagnols à Cuzco. Terrifiés par les conquistadores, les habitants se régugièrent davantage dans le jungle, notamment au Choquequirau. L'on ignore par contre si les espagnols découvrirent la cité perdue et s'ils la pillèrent. Ce qui est certain par contre, c'est que nous l'avons découverte et que nous n'étions pas les seuls... (le tourisme de masse fait rage dans cette région d'Amérique latine ; nous l'avions quelque peu oublié...). C'est ainsi que, dès 6h00 du matin, nous avons parcouru émerveillés les rues du Macchu Picchu. C'est même accompagnés de Yolanda, notre guide locale, que les secrets archéologiques et historiques du site nous ont été livrés. Journée bien remplie donc, en famille, agrémentée d'un hamburger de lama, le Mac Chupicchu, et d'un savoureux Inca Kola... Et puis le Macchu Picchu, c'était aussi l'occasion de découvrir toute la vallée sacrée des Incas, de Cuzco à Ollantaytambo, et d'autres sites magnifiques chargés d'histoire et de spiritualité intense (...). Les mythes et légendes incas ne manquent pas, et elles vous seront livrées en détails dès le retour du mage He Dites Al-Vice...  

04.04.2006

Le mystérieux berceau de l'Or (Choquek'iraw)

Plutôt que de payer cher et vilain pour rejoindre les foules sur le camino del inca, nous avons décidé de suivre les conseils de nos chers amis français, Benjamin et Laurent (vous vous souvenez ? Nos compagnons du carnaval d'Oruro qui supportent mal l'alcool :-), et avons donc choisi l'option hors des sentiers battus : le Choquequirau. A l'instar du Machu Pichu dont il constitue déjà l'alternative, les ruines du Choquequirau sont celles d'une cité inca perdue au beau milieu des montagnes, dans la jungle, au nord-ouest de Cuzco. Considérée comme le dernier refuge des Incas, cette cité, jamais retrouvée par les espagnols, ne fut découverte qu'en 1834 par un explorateur français puis oubliée jusqu'à la fin des années 80. Elle fait depuis lors l'objet de fouilles et de travaux visant à la dégager de l'emprise de la jungle. Actuellement, seuls 25 % de sa superfice estimée sont visibles. Mais pour nous, le Choquequirau c'était une nouvelle aventure, une expédition de 4 jours en pleine nature ... un trek de malade en fait ! De malade, vu la splendeur des paysages traversés : des montagnes immenses, des sommets enneigés à plus de 5.000 m, des vallées verdoyantes, la forêt puis la jungle, des couleurs, des odeurs ... De malade aussi vu la difficulté du chemin : 70 km parcourus en 3 jours en fin de compte, 1.500 m de dénivelé négatif suivis de 1.500 m de dénivelé positif et rebelotte au retour ... De malade enfin vu la récompense qui nous attendait, perchée à quelques 3.150 m d'altitude, la tête dans les nuages : un site mystérieux et impressionant, une architecture étonnante, le poids des ans ... tout cela pratiquement pour nous seuls! C'est accompagnés de Pavel et Friedo, nos compagnons de voyage péruvien et allemand, de notre arriero Edwin et de mula, notre mule-porteuse que nous avons parcouru les chemins vertigineux menant au Choquequirau. Je dois bien avouer que le courage et la force surtout m'ont fait défaut pour revenir, à pied ... et c'est donc jonchée sur le dos d'une deuxième mula que j'ai gravi les 24 km de retour alors que Nico suait à grosses gouttes sous un soleil de plomb ... Nous nous sommes promis de revenir ici d'ici 20 ans pour admirer l'intégralité du site à pied, à dos de mule, en hélico ... qui sait ce qu'on sera devenu d'ici là !

29.03.2006

Une Bolivie enthousiaste ... ?

Comme pour les autres pays, nous allons tenter de dresser un mini bilan de notre passage en Bolivie, bilan sans doute un peu plus nuancé que les précédents dans la mesure où nous y avons passé pas mal de temps et, surtout, nous avons été davantage confronté à sa réalité en y travaillant durant un mois. Notre expérience de volontariat implique certainement une appréciation distincte de celle des simples touristes-consommateurs que nous avons été en Argentine et au Chili et que nous sommes à nouveau. Le jugement à cet égard sera sans doute plus critique... Au gré des conversations que nous avons eues avec beaucoup d'étrangers vivant en Bolivie, voire avec des boliviens, il nous semble cependant que ce jugement est partagé. La Bolivie semble résignée sur son sort, fataliste, un peu victime, et l'on ressent peu de volonté de faire bouger les choses, et ce malgré les signaux du nouveau gouvernement.  Enormément de choses sont à construire. Les problèmes, c'est avant tout l'éducation des enfants, mais surtout des grands, la corruption, et, le sens des priorités... Au niveau du pays, deux exemples pourront illustrer cela... Il y a eu deux attentats il y a quelques jours à La Paz. Le nouveau gouvernement d'Evo Morales, dans un élan incompréhensible de paranoia, a attribué ceux-ci aux Etats-Unis, parce que l'un des auteurs a des origines américaines (sans en avoir la nationalité). Il y aurait, selon Morales, un complot à son encontre, tout comme à l'encontre du Vénézuéla et de Cuba, alliés de Morales. Les Etats Unis souhaiteraient déstabiliser le nouveau régime, non favorable aux entreprises américaines et trop partisan de la culture du coca. Cela peut faire sourire, mais même si Morales et Bush ne s'entendront certainement jamais très bien (mais qui pourrait bien s'entendre avec ce dernier..?), il nous semble que l'on tente d'accentuer la frustration de la population en en faisant des parias mal aimés des occidentaux en général... Autre exemple, le 24 mars dernier, c'était le jour de la mer en Bolivie... grandes manifs dans tous les sens, mobilisation générale, fermeture des écoles et des universités, immobilisation de l'économie afin de revendiquer un accès à l'océan, accès que la Bolivie a perdu il y a 150 ans... Le gouvernement a donc choisi de se consacrer à un thème complètement utopique et de faire croire à la population que tous les problèmes du pays, notamment son économie stagnante, se résoudraient grâce à un accès à la mer. Les revendications à ce sujet ne risquent cependant pas de se concrétiser de si tôt... Personne ne voit les chiliens offrir une partie de leur territoire à la Bolivie... Mais il faut frustrer les gens... en faire des victimes... Pas de journée contre la corruption ou une journée de l'enseignement, ce qui présenterait nettement plus d'utilité, mais une journée consacrée à un projet vain... Soit... Nous sommes passés d'un certain enthousiasme lors de l'élection de Morales à une appréciation nettement plus critique, au regard des priorités auxquelles le gouvernement s'attelle. Des belles initiatives sont à souligner (comme le grand programme d'alphabétisation lancé avec l'aide de Cuba et du Vénézuéla...), mais nous sentons tout de même trop d'attentisme ou de fatalisme chez les gens (ce que nous avions moins ressenti en Argentine ou au Chili). Parallèlement à ces "macros" appréciations, il faut dire que - à une autre échelle - notre expérience au sein de l'ONG avec laquelle nous avons travaillé n'a pas contribué à atténuer notre critique vis-à-vis de la manière dont les choses se passent dans ce pays. Le peu d'initiative ou d'idées neuves que nous avons tenté d'appporter lors de notre volontarait se sont trop souvent confrontées à un manque d'enthousiasme et/ou de moyens. Il faut sans doute beaucoup plus de temps et de patience pour que les choses avancent ici.  Que tout cela ne vous empêche toutefois pas de venir visiter ce pays : les paysages sont magnifiques, les enfants attachants, la diversité immense, la culture riche et les traditions omniprésentes.  Dans un élan d'optimisme semblable au sourire de Sa sur la photo - que l'on souhaiterait tous deux voir se répercuter auprès de la population - il nous reste à espérer qu'Evo ne va pas s'isoler et va vraiment faire avancer les choses afin de sortir la Bolivie de sa réputation trop prégnante de pays le plus pauvre d'Amérique du Sud.   

28.03.2006

La légende de Titi en Bolivie ...

Après le bouillonement de La Paz, il fallait bien que nous nous reposions quelques jours (ou plutôt heures...), surtout avant d'aborder le Pérou, le trek du Choquequirau, Cuzco et sa vallée sacrée, le Machu Pichu et l'arrivée de la maman de Sa... L'endroit idéal pour cette pause farniente, c'était le lac Titicaca. Véritable mer intérieure qui fait en partie la frontière entre le Pérou et la Bolivie, le lac Titicaca (qui selon la légende doit son nom au son prononcé par un enfant inca qui apperçut un petit canari jaune assouvir un gros besoin sur les rives du lac...) est - à près de 4.200 m - la surface naviguable la plus élevée du monde. C'est sur la fameuse île du soleil, berceau de la civilisation inca, que nous avons profité au maximum de cet endroit magique : ruines incas, eau d'un bleu profond, décor de montagnes enneigées (mais trop cachées par les nuages...) et population accueillante. Notre dernière étape en Bolivie nous laisse donc un magnifique souvenir... 

La Paz...tu parles !

Pourquoi construire cette ville sur une surface plane quand on pouvait la contruire dans un canyon encaissé entre 3.200 et 4.000 m ??? La Paz avec ses 2.350.000 habitants, capitale la plus haute du monde, est en fait un marché géant oú tout peut s'acheter dans la rue de la banane à la gouttière en passant par le pare-choc. Les gens grouillent dans le vacarme des klaxons des voitures et des mini-bus qui engorgent les rues à toute heure du jour comme de la nuit. Malgré cette agitation constante qu'on ne se lassait pas d'observer, cette avant dernière étape bolivienne a été pour nous l'occasion d'un peu de repos, de shopping (!) et de bonnes bouffes internationales en amoureux ...  

26.03.2006

Marco, notre pote aussi ...

Voilà - Départ de Sucre... Avant de rejoindre l'illustre capitale bolivienne de La Paz, nous avions décidé de passer par la célèbrissime Potosi... et nous ne pouvions décement pas passer par Potosi sans y revenir l'espace de quelques lignes... Pour les ignorants dont je faisais partie avant ce voyage, au-delà d'être la ville de plus de 100.000 habitants la plus haute du monde (à près de 4.200 m d'altitude), Potosi fut au cours des 15ème et 16ème siècles l'une des villes les plus riches du monde. Sa richesse, Potosi la devait à la montagne qui la domine, le Cerro Rico (cf. photo), dont les gisements en argent se sont révélés être les plus importants de tout le nouveau monde durant le moyen-âge. Elevée au rang de ville impériale par l'Empereur Charles Quint, Potosi a ainsi abreuvé en argent durant plusieurs siècles l'Espagne et l'Europe dans son ensemble.  L'ensemble des historiens s'accordent pour dire qu'une grande partie de la richesse de notre vieux continent pouvait être attribuée à l'époque à l'exploitation intensive de la mine de Potosi et aux tonnes d'argent qu'elle a générées. Le prix payé pour cette fortune fut évidemment considérable, puisque des milliers d'indiens, voire d'esclaves apportés d'Afrique par les espagnols, périrent dans les mines. Aujourd'hui, la montagne de Potosi contient encore quelques métaux (étain et zinc), et trop de mineurs indigènes consacrent leur vie à les recueillir contre un salaire et une vie de misère. Malgré sa mine que les touristes peuvent visiter afin non seulement de commémorer son impact historique mais aussi afin de prendre la mesure des conditions inhumaines dans lesquelles travaillent aujourd'hui les mineurs (mais doit-on vraiment aller au cirque et voir ces gens travailler et payer une agence pour savoir que leurs conditions de travail sont déplorables...?), Potosi a perdu sa splendeur d'antan et est aujourd'hui l'une des villes les plus pauvres de Bolivie. Grandeur et décadence, comme tellement de lieux sur ce continent... Mais pour nous, Potosi ce furent également nos dernières heures en compagnie de notre pote canadien Marco (dit Marcus Tabarnak - voir photo lunettes de Val ci-dessous) avec qui nous avons travaillé pendant près d'un mois au CICI. Quelques lignes pour lui donc... un hommage en quelque sorte puisque Marco a choisi de consacrer encore un peu de temps à ses expériences de résistance physiologique à la nourriture bolivienne au sein du centre... nous ne lui laissons que quelques jours avant de se décider à reprendre la route - en compagnie de son fidèle et tant attendu HP... Bueno chico, c'était vraiment sympa d'avoir vécu cette expérience inoubliable avec toi. On espère sincèrement se revoir très vite, autour d'une bonne croquette aux crevettes ou d'une crêpe au sirop d'érable...

25.03.2006

Volontariat : notre 1er bilan...

Cela fait 5 jours que notre expérience de volontariat s’est achevée, l’heure d’un premier bilan est donc venue.

Le projet du Centro Intercultural Circo Infantil (CICI) et de la Fondation Nord-Sud qui le chapeaute, consistant à vouloir faire des enfants qui fréquentent le centre – internes comme externes- des enfants différents, mieux éduqués, mieux formés et mieux préparés à affronter la vie est évidemment emballant. L’ensemble des financements obtenus ont dès lors été intégralement affectés à ces fins : construction du centre, des ateliers, achat du materiel nécessaire et engagement de personnel qualifié. Trop intégralement peut être puisque rien, dans un premier temps, n’a été budgétisé pour la nourriture des enfants alors même que, sans doute un peu prématurément, un studio d’enregistrement de musique a été construit et équipé … Les enfants mangent, rassurez-vous, mais la variété, la saveur et l’apport énergétique de leur nourriture laissent à souvent désirer (ce qui semble être une constante en Bolivie...). D’autres aspects aussi essentiels – pour nous européens - que l’hygiène et le respect de l’environnement semblent pareillement ne pas constituer une priorité, faute de conscience et/ou de moyens de propres. C’est donc notamment à ce niveau là que nous (Sa, Nico et Marco) avons tenté de faire quelque chose au travers d’actions à caractère pédagogique à l’attention non seulement des enfants mais également de leurs accompagnants. En matière d’environnement nous avons par exemple organisé un ramassage des déchets du centre, donné une petite leçon de sensibilisation au respect de la nature, confectionné un panneau didactique sur le thème et réalisé une initiation au tri des déchets ainsi qu’au recyclage. Dans un pays comme la Bolivie où la nature ressemble trop souvent à un dépotoire géant, cela ne sera certainement qu’une goutte d’eau dans l’océan… mais soit, si un seul de ces gamins applique les principes que nous avons essayé de leur enseigner, nous serons déjà satisfaits ! Parallèlement à ces mini-projets pédagogiques, notre action au sein du CICI, c’était avant tout d’accorder de l’attention et de l’affection aux enfants, et ce au travers de jeux, de discussions, d’aide dans leurs devoirs ou tout simplement de notre présence à leurs côtés. Laurent - ou Lorenzo, le coopérant belge grâce auquel nous avons atteri là, nous a par ailleurs ouvert les portes de son job au sein de la Fondation. Il se charge en particulier d'étendre, le projet du CICI en dehors des murs du centre, en éveillant et conscientisant, sous forme de jeux, les enfants des quartiers pauvres de Sucre qui n’ont pas accès au centre. En l’accompagnant dans ses tournées, nous avons pu nous rendre compte que, parfois plus que nos ados du centre, un rien faire sourire ces enfants… Un vrai rayon de soleil dans nos journées souvent très fatiguantes (et oui fatiguantes... même si cela peut en faire rire certains …). Au delà de notre sentiment mitigé quant au sens des priorités et à la manière dont certaines choses sont gérées dans cette association, au delà du sentiment de frustration et d’impuissance un peu trop souvent ressenti, il faut reconnaître que ce projet est magnifique, qu’il correspond parfaitement à ce qu’il faut faire dans ce pays en ce moment, mais qu’il n’en est qu’à ses premiers mois de fonctionnement. Aussi, nous avons décidé de l’encourager, et le ferons davantage encore à notre retour en vous conscientisant et en vous sollicitant. Les enfants ont besoin de vos dons ! Grâce à notre expérience ici et aux contacts noués nous serons en mesure de vous garantir que chaque euro versé sera intégralement consacré à un besoin bien spécifique des enfants (ce qui est rare). Nous serions par exemple extrêmement heureux de pouvoir offrir aux enfants deux douches supplémentaires par semaine, un peu de confiture sur leur pain sec le matin, du lait à la place de l’eau avec leur cacao ou de la viande sous une autre forme qu’une patte de poulet noyée dans leur soupe … A bon entendeur... ! On en reparlera ... 

15.03.2006

Evoccupé !

Les journées du nouveau président bolivien Evo Morales sont décidément bien remplies pour le moment. Nous avons eu l'occasion de nous en rendre compte de visu ce dimanche lorsque - à notre plus grande suprise - son chemin a croisé le nôtre à Tarrabuco, petite ville située à 50 km de Sucre. Une fois par an, les paysans de toute la région célèbrent le Jumbate, la commémoration d'une bataille remportée contre les occupants espagnols en 1816. Rassemblant des milliers de paysans indigènes Quechuas, fête haute en couleurs, riche en traditions et en coutumes locales, et - surtout - aux retombées symboliques intenses, le Jumbate constituait l'événement idéal afin qu'Evo démontre une fois de plus qu'il est le président des boliviens de souche et qu'il entend prendre en compte leur mode de vie. Après un arrivée plus ou moins protocolaire sur la place du village (et l'annonce triomphale que l'année prochaine, il arriverait à la même fête en hélicoptère offert par le gouvernement brésilien...), Evo a donc tout simplement été danser et se désaltérer avec ses amis indiens autour de la Pukara (sorte d'escaliers d'offrandes aux divinités), vêtu d'un simple poncho et du casque traditionnel que portent les Tarrabucenos. Il a ensuite participé à un match de mini-foot opposant quelques membres de son gouvernement aux autorités de la ville, devant les yeux émerveillés des centaines de spectateurs. Inutile de préciser que tout cela s'est déroulé dans la simplicité la plus élémentaire, sans le moinde service de sécurité et sous le regard de quelques policiers seulement. Oui, il suffisait de tendre la main pour toucher le mollet d'Evo, ou de rentrer sur le terrain de football pour lui voler le ballon... Relation assez extraordinaire entre un président et son peuple... La veille, Evo était au Chili. Il assistait en compagnie de nombreux autres personnalités politiques à la prestation de serment de Michelle Bachelet, première femme président du Chili. Il en a profité pour rapidement rencontrer Condoleeza Rice et lui assurer la plus rigoureuse collaboration de la Bolivie dans la lutte contre le narco-trafic, tout en insistant sur le fait que son gouvernement entendait maintenir sa politique de dépénalisation de la culture de la feuille de coca. Mais la rencontre la plus importante d'Evo ce samedi, c'était avec la nouvelle présidente chilienne elle-même. Il faut savoir que les relations diplomatiques entre la Bolivie et le Chili sont au plus bas depuis près de 150 ans, depuis la tristement célèbre guerre du Pacifique, au terme de laquelle la Bolivie s’est retrouvée dépourvue de tout accès maritime. C’est donc lors d’une rencontre qualifiée d’historique que Michelle et Evo ont pour la première fois évoqué la possibilité pour la Bolivie de retrouver un accès au Pacifique. Le sujet va certainement occuper les gouvernements de part et d'autre de la frontière au cours des mois à venir, et constitue déjà en Bolivie un enjeu essentiel du mandat d’Evo.  Mais pour en revenir à dimanche, pendant qu’Evo nous montrait le manque de talent du football bolivien (auquel nous n’avons toutefois aucune leçon à donner pour le moment...), son vice-président Alvaro Garcia Linera accueillait en grandes pompes le président d’Uruguay Tabaré Vasquez. Les deux pays doivent en effet discuter de la vente de gaz naturel par la Bolivie à l’Uruguay. Maintenant que les gouvernements s’accordent politiquement, il s’agit de rattraper les retards économiques et de créer un marché le plus vaste possible afin d’écouler les nombreuses ressources naturelles de la Bolivie. Même type de sujet commercial ce mardi lors de la réunion entre Evo et Uribe, le président colombien. La marchandise à vendre, c’est cette fois le soya bolivien. La Colombie vient de conclure un accord de libre-échange avec les Etats-Unis dont les termes n’arrangent pas du tout les boliviens, puisqu’ils autorisent la Colombie à s’approvisioner en soya sur le marché nord-américain à des tarifs nettement trop bas pour les boliviens. Evo a donc tenté de convaincre – en vain - la Colombie de réviser cet accord afin que celle-ci continue à acheter le soya bolivien à des tarifs plus décents.  Il faudra cependant qu’Evo négocie directement avec les Etats-Unis des accords commerciaux et tarifaires portant sur le soya. Il s'agit-là de l'exemple-type de sujet de commerce international qui empoisonne les relations Nord-Sud depuis trop longtemps. Ce type de négociation ne devrait malheureusement pas se limiter à ce produit, tant qu'une solution globale n'aura pas été donnée à ce problème... Voilà donc un agenda chargé pour un nouveau président, qui ne semble pas laisser beaucoup de place aux priorités internes auxquelles doit faire face le gouvernement (en premières places, la lutte contre la corruption et l’amélioration de l’enseignement).  Rassurez-vous, la semaine dernière, le gouvernement d’Evo a finalisé la loi relative à la future assemblée constituante qui sera chargée de rédiger une nouvelle charte fondamentale pour le pays. De nombreux enjeux seront abordés à cette occasion, ce qui réserve des journées encore bien plus chargées à notre nouveau président latino. Un nouveau régime est en place, nous dit-on, et un nouveau pays devrait renaître dans quelques années, espère-t-on...

08.03.2006

Fini les vacances ...

Voilà maintenant un peu plus de 2 semaines que nous sommes en Bolivie. Quel choc après le Chili! Nous nous attendions effectivement à évoluer dans un environnement plus authentique mais le choc est bien plus grand. La Bolivie est en effet le pays le plus pauvre d’Amérique du sud . Aucune comparaison cependant avec l’Afrique… Ce pays est riche en ressources naturelles et a d’ailleurs fait la richesse d’une grande partie de l’Europe au XVème et XVIème siècles mais il est actuellememnt rongé par la corruption et totalement désorganisé, ses ressources narturelles (minerais, gaz, eau, etc) sont exploitées par des entreprises étrangères, sa population, majoritairement indienne d’origine Quechua, Aymara et Guarani, n’a aucune formation, les discriminations sont nombreuses, le racisme omniprésent et l’éducation a perdu sa valeur d’antan. C’est donc bien dans un pays en marche vers le développement que nous nous trouvons actuellement mais oú il reste énormément à faire notamment en terme de lutte contre la corruption qui affecte non seulement le pouvoir et les instituitions mais également les universités (il est en effet possible d’acheter son diplôme de droit ou de médecine ici …!), ainsi qu’en terme d’éducation bien sûr. Espérons que le président fraîchement élu  parviendra à concrétiser ces objectifs sans pour autant verser dans l’extrémisme de ses alliés les plus fidèles (Cuba et le Venezuela)…

L’une des premières choses à faire dans un pays en chantier tel que celui-ci est donc d’éduquer et de former les générations futures. Et c’est précisément dans cet objectif que le Centro Intercultural Circo Infantil a mis sur pied le projet au sein duquel nous nous sommes intégrés depuis 10 jours. Ce centre, contruit il y a un peu moins d’un an grâce à un financement canadien, se situe dans un des quartiers les plus pauvres de la banlieue de Sucre. Il acceuille actuellement 19 internes de 10 à 16 ans et une vingtaine d’externes de 6 à 17 ans. Le contrat de base passé entre le centre, les parents et leurs enfants est que ces derniers soient scolarisés. Le travail du centre intervient dès lors après l’école  et conciste, d’une part, à leur apporter, à tous, un suivi scolaire à l’intervention de pédagogues professionnels et, d’autre part, en ce qui concerne les internes, à les former par le biais d’ateliers de type professionnels (couture, tissage, horticulture, musique, boulangerie). Le centre devrait en outre, dans les prochaines semaines, ouvrir les portes de sa crèche aux bébés de 0 à 6 ans dont les mamans étudient ou travaillent durant la journée.

Quant à nous, nous essayons d’apporter notre petite pierre à l’édifice dans la mesure du temps, des libertés et des moyens qui nous sont octroyés. Nous nous sentons donc fréquemment frustrés de ne pouvoir apporter à ces enfants autant que nous le souhaiterions et d’être trop souvent réduits à un rôle de surveillants. Nous avons nécessairement dû revoir nos objectifs à la baisse mais nous essayons cependant de développer quelques projets éducatifs (sensibilisation au respect de l’environnement, à l’importance de l’éducation, et à leurs droits, petit cours de géographie, …) et d’autres plus ludiques (initiation à l’improvisation, confection de jardins japonais, initiation à la cuisine européenne…). Heureusement nous sommes trois à partager cette immersion dans la réalité bolivienne. Marc-Antoine, dit Marcos, volontaire canadien de Montréal, nous accompagne dans cette aventure. A trois nous nous sentons plus forts et nous formons une toute bonne équipe au sein de laquelle dérision est devenu la maître mot !

02.03.2006

Carnaval d'Orur-eau

Il aura tout de même fallu près de trois jours à Sarah pour me convaincre d'aller au célebrissime Carnaval d'Oruro. Quelques repères tout d'abord : Oruro est une ville de l'Altiplano bolivien, située à près de 9 heures de Sucre où nous sommes installés depuis une dizaine de jours maintenant. Il ne doit sans doute jamais rien se passer à Oruro, puisque la ville ne présente aucune particularité si ce n'est d'être laide, froide, et d'être le berceau du nouveau président bolivien Evo Morales. Mais une fois par an, Oruro se transforme complètement et acceuille le deuxième plus grand carnaval d'Amérique latine après celui de Rio.  Des dizaines de groupes de danseurs et de musiciens envahissent les rues le long desquelles d'imposantes tribunes sont installées pour l'occasion. Les costumes sont extravagants, les masques effrayants, les couleurs omniprésentes, les danses incessantes et la musique assourdissante. Le prétexte à ces quatre jours de fête interminable, ce sont des offrandes à la Sainte Vierge, protectrice de la Terre Sacrée, la Pachamama. Arrivés le samedi matin au terme d'une longue bonne nuit en bus bolivien rythmée par les cris d'un adorable bébé et d'un doux chiot (...), nous avons rejoint les 300.000 autres visiteurs venus se dandiner et - surtout - tout oublier à Oruro. Après avoir retrouvé Laurent et Benjamin (nos copains français qui n'oublieront pas de si tôt ces 24 heures...), nous nous sommes donc rapidement immergés dans la réalité du carnaval d'Oruro. Immergés est le terme adéquat puisque - très vite - la ville se transforme en gigantesque champ de bataille aquatique. C'est armés de fusils et de ballons d'eau que nous avons pris place au dernier étage déjà surpeuplé d'une tribune en bois à l'équilibre très incertain. De là haut - au milieu de la foule - vue imprenable sur le cortège permanent et position stratégique pour atteindre les adversaires d'en face au moyen de nos armes d'eau. Position stratégique également pour être la cible des mêmes adversaires d'en face... Mais pas de problème. Pour oublier les vêtements détrempés, le froid et le soleil qui tape, on boit... sans trop de modération puisque, en bons belges, nous avons commencé relativement tôt... On se délecte des quelques bières et autres bouteilles de rhum qui circulent dans la foule. Mais le bolivien de la période de carnaval, lui, boit plus. Beaucoup plus. Sans aucune limite. C'est un véritable phénomème de frénésie collective éthilique qui se manifeste durant le carnaval. On boit. Tout le monde boit. Jusqu'à ne plus en pouvoir. Pas de besoin de se déplacer. La boisson est omniprésente. Elle est acheminée en permanence par des vendeurs ambulants qui jettent bières et bouteilles d'alcool dans la foule en échange de quelques bolivianos. La Sainte plus vraiment Vierge et sa vénération autorisent tous les excès. Nous sommes pourtant habitués aux fêtes bien arrosées chez nous (TDs, sorties des pubs à 23h00, Doudou, 3ème mi-temps...), mais ce qui se passe ici durant le carnaval dépasse l'entendement. C'est surréaliste, voire inquiétant. Manifestation de liberté selon les boliviens, cette surcomsommation d'alcool permet sans doute à certains d'échapper pendant quelques jours à un quotidien bien difficile. Interloqués, on se réjouit en entendant que chaque année, neuf mois après le carnaval, la Bolivie enregistre un pic de naissances... Mais je m'éloigne. Revenons-en à nos aventures, et en particulier à celles de nos potes français qui, dans un élan de mimétisme avec le peuple bolivien, nous ont montré une fois de plus que leurs capacités d'ingestion sont limitées... C'est donc en docteurs-raccompagnateurs-moralisateurs que nous avons terminé la soirée, dans l'arrière-salle d'une épicerie-hostal pour l'occasion, la tête emplie de couleurs, de musique, de rythmes, de danses, d'eau et de vapeurs éthiliques...